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J.C.CABANEL

L'Union compagnonnique

L'Union compagnonnique (1), dont le nom complet est "Union compagnonnique des Devoirs unis" et dont le siège se trouve à Versailles, a donc été créée en 1889, suite à la tentative avortée d'unification du Compagnonnage initié par Agricol Perdiguier (1805-1875), alias Avigonnais la vertu (2), compagnon menuisier du devoir de liberté (3).

[Au passage : le terme de "devoir", dans le compagnonnage a un sens particulier : il signifie "l'ensemble des règles qui régissent chaque rite, l'histoire légendaire de son fondateur, la séquence des symboles qui constituent l'initiation et les coutumes qui sont venues enrichir ce fond primitif. Le "devoir" est donc tout à la fois une histoire, un rite avec son ou ses rituels et une règle d'action. Ou bien encore. la tradition. On distingue les compagnons du Devoir (rites de maître Jacques et du père Soubise) et les compagnons du Devoir de liberté (4) (rite de Salomon)].

L'Union compagnonnique est l'organisation compagnonnique la moins importante, numériquement. Sa particularité est d'être fondé sur le métier (sous entendu, manuel) en général et non sur les métiers. Ouverte à toutes les professions ayant pour objet de transformer la matière, elle regroupe, en plus des métiers du bâtiment, des métiers d'art (sculpteurs et sérigraphistes en particulier) et ceux de l'alimentation avec, notamment, les cuisiniers qui passent pour être les meilleurs de France et. de Navarre. Elle ne retient aucun signe distinctif entre les métiers, lesquels suivent tous le même et unique rite.

C'est l'organisation compagnonnique la plus "discrète" (ainsi, elle n'a pas de site Internet) et ses diffusions (papier) restent internes. Elle considère que "le Compagnonnage au XXe siècle est toujours la plus passionnante des aventures professionnelles. [Et que] le Compagnonnage n'est pas uniquement une image du passé. Il est toujours vivant et bien vivant, toujours fidèle à ses traditions et à la tâche qui est la sienne : servir le Métier et servir à la promotion des hommes par le Métier". Sa devise est "Travailler mieux, enseigner le métier, aider et soutenir ses Frères". Son but est "L'amélioration des connaissances professionnelles et intellectuelles par le voyage", la tradition du Tour de France (avec un crochet en Suisse - et inversement -) étant maintenue.

L'Union compagnonnique s'étend en Suisse et compte au total 24 sections (dont 3 en Suisse : Neuchâtel, Lausanne et Genève, cette dernière ayant également été fondée en 1889). Chaque section possède une ou plusieurs cayennes, une cayenne étant à la fois l'"auberge" où descendent les Compagnons en voyage, une chambre et le lieu où se tiennent les cérémonies, notamment de réception (5). Une cayenne est tenue par une "Mère" qui est "sensée remplacer la mère de sang laissée au foyer" et dont la "présence affectueuse rappelle la chaleureuse quiétude du foyer et de la famille". Une Mère est généralement assistée d'une "petite Sour" qui est sa fille (6).

 

(1) Bien que discrète, de nos jours, quant à ses relations avec la F . . . M . . . , l'Union maçonnique fut, à sa création, considérée comme une obédience (opérative !) de la F . . . M . . . !

(2) La Tradition veut que le Compagnon prenne un nom compagnonnique qui, désormais, est son. vrai nom. Ce nom est composé de deux parties : la première fait généralement référence à un lieu (Ville, pays.), la seconde est une vertu ou inversement, selon le Devoir. Nivernais la Clef des Cours, Liberté d'Angoulême, Carcassonne le Cour aimable, Languedoc la Douceur , Lyonnais l'Ami du trait, Décidé de Toulon, Toulonnais le Décidé, Mouton Cour de lion, Dupuy la Résistance , Vaudois l'Hercule, Artois le Décidé.

(3) Surnommé "Saint Vincent de Paul du Compagnonnage par Proudhon et le "Lamennais du Faubourg Saint-Antoine" par le journal "Le National".

(4) Premier Devoir a avoir omis. dieu dans son rituel.

(5) On dit aussi d'affiliation.

(6) La Mère, pour l'Union comme pour la fédération, est, en principe, la compagne d'un compagnon. Sa réception fait l'objet d'une cérémonie rituelle qui, comme toutes les cérémonies de cette nature, est interdite aux profanes.

Poésie de J.C.Cabanel